Parentalité: Mets ton masque en premier
T’as déjà entendu les consignes de sécurité avant de décoller dans l’avion ? Celui que tout le monde fait semblant d’écouter pendant que l’agent de bord fait ses gestes avec les bras ?
Il y a un bout qui m’est toujours resté. Si la cabine se dépressurise, des masques d’oxygène tombent du plafond. Et la consigne, c’est : mets ton masque en premier avant d’aider ton enfant. Parce que si tu t’occupes de lui en premier et que tu tombes dans les vapes, tu ne pourras plus rien faire pour personne.
C’est exactement ça, être parent d’un enfant autiste.
La fatigue que personne ne voit
On parle rarement de la fatigue des parents aidants. Pas parce qu’elle n’existe pas — mais parce qu’on a l’impression que s’en plaindre, c’est trahir notre enfant. On a embarqué dans ce rôle avec tout l’amour qu’on a, et quelque part on s’est mis dans la tête que se plaindre d’être épuisé, c’est pas correct.
Sauf que cette fatigue-là, elle s’accumule. Et c’est pas juste le manque de sommeil. C’est être toujours sur le qui-vive. Toujours à l’affût. Toujours à 100 %. C’est les questionnements qui n’ont pas toujours de réponses. L’anxiété en arrière-plan, en permanence. L’impression de ne jamais pouvoir vraiment décrocher, parce que même quand tout va bien, tu guettes.
Ton système, il finit par en prendre un coup. Ton mental aussi.
L’erreur qu’on fait tous
On minimise. On se dit que ça va, qu’on est correct, que les autres ont l’air de s’en sortir. On met les besoins de notre enfant devant les nôtres — parce que c’est instinctif, parce qu’on les aime, parce que c’est notre rôle.
Sauf que si on ne prend pas soin de nous, on finit par craquer. Maladie. Épuisement profond. Dépression. C’est pas dramatiser — c’est juste ce qui arrive quand on ignore trop longtemps ce que notre corps et notre tête essaient de nous dire.
Le masque en premier
Alors le conseil, il est simple à dire et dur à appliquer : prends soin de toi en premier. Pas à la place de ton enfant — avant. Parce que c’est comme ça que tu vas pouvoir continuer à être là pour lui.
Ça peut vouloir dire demander du répit. Faire des activités avec ton conjoint ou ta conjointe, juste vous deux. Sortir marcher. Voir des amis. Dormir. Faire quelque chose qui n’a absolument rien à voir avec l’autisme, au moins une fois de temps en temps.
Ça va peut-être sembler contre-productif. Comme si tu volais du temps à ton enfant. Mais c’est le contraire — tu investis dans ta capacité à être là pour lui, longtemps.
Les secouristes apprennent toujours à vérifier leur propre sécurité avant d’intervenir. Pas parce qu’ils s’en foutent de la victime — mais parce qu’un secouriste blessé ne peut plus secourir personne.
On est pareils.
T’es parent aidant et tu te reconnais là-dedans ? Écris-moi via la page Contact — t’es pas le seul.
